Comme nous l’avions déjà expliqué auparavant, nous effectuons des rondes dans le cadre du travail de rue en vue de faire la promotion de la permanence de notre AMO car le constat est clair : Les usagers connaissent l’atelier (avec l’école de devoirs, les activités…etc) mais semblent moins connaître...

Je souhaiterais vous parler ce mois-ci d’un jeune garçon qui s’appelle Gift. Je n’ai pas rencontré Gift à la permanence, non, mais en me documentant sur internet, je suis tombé sur une image forte d’un jeune en train d’étudier dans l’obscurité totale à l’aide d’une petite lampe torche qu’il a...

Je vais vous raconter l’histoire d’Ismail, un jeune Afghan établi à Bruxelles depuis juin 2017. Il était très content quand je lui ai expliqué que j’allais écrire mon article sur son histoire, il a donc bien posé pour la photo ! Ismail est arrivé en Belgique en tant que MENA (Mineur étranger non-...

Les MENA, qui sont-ils ? 10/2016

31 Mai 2016 31

Dans mon article de présentation je vous ai parlé des MENA, ou les Mineurs Etrangers Non-Accompagnés, mais qui sont-ils exactement ? Que viennent-ils faire en Belgique tout seuls alors que leur place est auprès de leurs parents ?

A la fin de l’année 2015, l’Europe, et la Belgique ont connu une véritable  crise des migrants. Selon le HCR (Haut-Commissariat des nations unies pour les Réfugiés), on comptait  52.9 millions de personnes ayant fui la guerre, des dictatures, etc.  Ces personnes venaient essentiellement de Syrie, Irak, Afghanistan,  Somalie, Erythrée, Libye, etc.

Cette crise a bien évidemment affecté les mineurs qui sont arrivés seuls.  Le système d’accueil étant saturé à cause de cet afflux de migrants,  5.000 places supplémentaires ont été mobilisées dans les centres d’accueils. Seulement les MENA, arrivant en trop grand nombre ont été oubliés, et il est devenu difficile voire impossible de les accueillir et de les  prendre en charge de façon adéquate.  Les autorités compétentes dans leur prise en charge ont alors été amenées à travailler dans l’urgence avec comme risque de passer à côté de l’un ou l’autre mineur se trouvant dans une réelle détresse.

Il faut savoir que chaque enfant qui arrive seul sur le territoire européen doit bénéficier d’un traitement particulier du pays qui l’accueille ;  ce pays doit veiller à ce que son intérêt supérieur prime dans toutes les décisions le concernant, il doit veiller à ce que l’enfant ne soit pas discriminé, qu’il puisse exprimer librement son opinion. Ainsi donc, comme cela est écrit dans la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, ces enfants privés de tout repère et particulièrement vulnérables aux risques d’abus de tout genre,  bénéficient du « droit à une protection et une aide spéciales de l’Etat ». Un MENA ne peut donc pas être expulsé avant ses 18 ans.

En Belgique, pour être identifié comme MENA, le mineur doit introduire une demande de reconnaissance du statut de réfugié ou simplement ne pas répondre aux conditions pour avoir un permis de séjour. C’est l’agence fédérale Fedasil qui a pour rôle d'assurer l'organisation et la gestion des différentes modalités d'accueil des demandeurs d'asile et de certaines autres catégories d'étrangers. Le mineur demandeur d’asile  va être envoyé dans un Centre d'Orientation et d'Observation (COO). Après avoir passé deux à quatre semaines dans un COO, il ira dans un centre d’accueil Fédéral ou un centre d’un partenaire de Fedasil où il sera encadré par un tuteur et d’autres professionnels.[1]

La question que l’on peut se poser à propos des MENA c’est : que viennent-ils faire ici tout seuls ? Comme cité plus haut, beaucoup de ces jeunes fuient un pays en guerre, un pays où  leurs familles et eux-mêmes, subissent des répressions,  des abus, d’autres encore vivent dans la pauvreté. Les raisons qui motivent des parents à envoyer leur enfant dans un autre pays sont donc multiples et ces enfants représentent souvent pour eux un espoir de survie. Le jeune arrive alors dans le pays d’accueil avec un objectif clair : avoir le droit de séjour,  faire un regroupement familial, finir ses études, travailler et aider sa famille, restée dans le pays d’origine, financièrement.

Il va s’en dire qu’il s’agit d’une trop grande responsabilité pour un enfant et c’est pour cette raison que les professionnels qui prennent en charge les MENA, à commencer par leur tuteurs, travaillent d’arrache-pied pour que ces enfants se sentent en sécurité, qu’ils puissent profiter le plus longtemps et le plus normalement possible de leur innocence d’enfant.

C’est pour cette même raison aussi, qu’à Inser’action nous nous sommes intéressés à cette problématique, nous souhaitions être cette main tendue, ce sourire et surtout cette oreille pour que ces jeunes ne soient plus seuls.

Marie