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Les jeunes aujourd'hui

29 Février 2020 29

Nous organisons des cours d’apprentissage du français destinés aux parents mais actuellement le groupe ne compte que des mamans.De temps en temps, nous organisons une table de discussion sur diverses thématiques.Comme dans le groupe, il n’y a que des mamans, le thème de la parentalité et des relations avec les enfants, la différence entre la nouvelle et l’ancienne génération sont des sujets qui reviennent souvent.
Cette fois-ci les questions posées étaient : quels sont les problèmes rencontrés entre les parents et enfants et quelles sont les difficultés et besoins des jeunes à Saint-Josse aujourd’hui ?
Voici ce qu’il en ressort :
« Les enfants de maintenant gaspillent beaucoup : la nourriture, les habits, etc., ils ne réfléchissent pas, ils consomment, ne pensent pas au futur et à faire des économies. »
« Avant, à l’âge de 11-12 ans, tu offrais une petite robe à ta fille, elle était contente maintenant, les enfants veulent des IPhone. »
« Les enfants ne sont plus à l’écoute des conseils de leurs parents : ils disent des choses comme : toi tu ne connais rien, c’est ma vie, avant c’était avant maintenant c’est plus comme ça, ce n’est plus la même génération, etc. »
« A l’école, il y a des règles concernant les GSM par exemple, mais ni les enfants, ni les parents ne respectent les règles, les enfants prennent avec eux des téléphones qui valent cher. »
« C’est la faute des parents, c’est eux qui donnent 50 euros à leurs enfants de 10 ans, qui laissent leurs jeunes enfants aller à l’école, sortir seuls. »
« Maintenant il y a plus de dangers pour les enfants : l’accès à Internet, les écrans, etc. »
« L’école a aussi changé. L’idéal c’est d’avoir un discours à la maison sur l’éducation, les valeurs et que ce discours soit aussi appuyé, rappelé à l’école. En 1er, c’est le rôle des parents, en 2ème, celui de l’école, car les enfants passent beaucoup de temps à l’école. »
« Les valeurs que les parents transmettent aux enfants ont aussi changé : avant on disait aux enfants si quelqu’un te frappe tu le dis aux professeurs, surveillants, tu viens me le dire maintenant beaucoup disent si «on te frappe, tu frappes». Avant on inculquait le partage, maintenant les parents disent ce qui est à toi c’est à toi, tu ne partages pas tes biscuits etc. »
« Les enfants décident du menu, parfois  on se retrouve limite à faire « 5 repas » différents. Chacun a des horaires différents, c’est parfois difficile de faire un repas où toute la famille est réunie alors que le repas est censé être un moment de partage où l’on discute chacun de sa journée. »

« Ce qui a changé, c’est que les parents n’ont plus le temps, ils sont fatigués, sont beaucoup sur leurs téléphones. A la maison maintenant le schéma c’est : tout le monde assis dans son coin sur son téléphone avec la télé allumée mais que personne ne regarde. »

« Avant, les enfants avaient des activités, ils jouaient à des jeux maintenant ils jouent sur le téléphone. Ils ne cherchent plus dans le dictionnaire mais tout sur Google. Internet est dangereux, moi en tant qu’adulte si je regarde quelque chose et qu’il y a une pub à caractère sensible qui va venir, j’en suis consciente, je ferme la page mais les enfants eux, iront voir. »

« Chez moi à partir d’une certaine heure, je débranche et il n’y a plus d’accès à Internet. »

« Chez moi, chacun dépose son téléphone à partir d’une certaine heure, hors de question de rester chipoter jusque je ne sais pas quelle heure sur le téléphone et puis mal dormir, ne pas savoir se réveiller le matin. »

« Je vois dans le métro ou ailleurs des parents qui donnent le GSM devant des bébés de 2-3 mois pour pas qu’ils pleurent et qu’ils restent tranquilles. »

« Les gens sont de plus en plus égoïstes et envieux des autres. Les gens pensent d’abord et surtout à eux et pas aux autres : par exemple sortir les poubelles comme ça cela ne pue pas chez eux mais que cela sent mauvais dans les communs, ça ce n’est pas grave ! »

« Un enfant ne sait pas ce qui est bon ou mauvais pour lui, il veut ou ne veut pas c’est tout mais il ne voit pas plus loin, on doit être là pour le conseiller, lui mettre des limites, l’obliger à faire certaines choses. Par exemple, mon fils quand il était plus jeune, il voulait faire du foot, je ne voulais pas je voulais qu’il fasse du basket. Au début, il ne voulait pas et maintenant il est content que je l’aie obligé, il a même entrainé des équipes et il fait des études pour être prof de sport. »

« En ce qui concerne Saint-Josse, c’est plus calme qu’avant. Monsieur le bourgmestre a fait plein de bonnes choses. Par exemple ne plus ouvrir des cafés pour éviter que les jeunes y aillent pour consommer drogues ou alcools, etc. »

« Le problème des jeunes c’est qu’ils ont difficile à économiser, ils dépensent leur argent pour des choses futiles. La vie est de plus en plus chère, c’est difficile de faire des crédits d’acheter, il y a moins de travail. On a peur pour leur futur. » « Les  jeunes ne pensent pas au futur, la plupart veut vite travailler et vite avoir de l’argent tout de suite et maintenant mais du coup, ils n’assurent pas leur avenir. Si ça continue, on aura plus de médecins etc. »
Je remercie les mamans pour leurs témoignages.

A bientôt,
Coralie

Assistante sociale